Le juge peut suspendre une opposition à travaux si le pétitionnaire démontre que cela lui cause un préjudice financier
Le pétitionnaire a soutenu devant le juge des référés que la condition d'urgence était remplie, compte tenu des charges fixes qu'il devait supporter. Le juge des référés a toutefois relevé que, par les seuls éléments qu'il produisait, le pétitionnaire n'établissait pas que l’opposition à travaux attaquée portait une atteinte grave et immédiate à ses intérêts. Ainsi, le seul bulletin de salaire produit mentionnait un coût mensuel patronal de 305,50 € et les dépenses mensuelles d'énergie, de téléphonie et d'assurance ne se montaient qu'à 287,91 €.
Saisi en cassation, le Conseil d’Etat accorde, au contraire, la suspension : deux bulletins de salaire étaient produits, dont l'un, portant sur un mois entier, indiquait un coût mensuel de 482,65 euros. Le juge des référés s'est, en outre, abstenu de tenir compte des charges locatives dont faisait état le pétitionnaire, alors que celui-ci a produit des pièces attestant d'un coût mensuel de 1 500 euros. S'agissant des dépenses mensuelles d'énergie, de téléphonie et d'assurance, si le juge des référés mentionne un montant total de 287,91 euros, celui-ci est inférieur à celui indiqué par la société. Le Conseil d’Etat accorde donc la suspension, ce qui permet au pétitionnaire de commencer les travaux. A ses risques et périls, puisque le juge confirmera peut-être plus tard la légalité de l’opposition et donc l’illégibilité de la construction (CE 16/11/2016, n°399205).
Michel Degoffe le 30 mars 2017 - n°320 de Urbanisme Pratique
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