Le maire de Guissény (Finistère) a délivré un certificat d’urbanisme positif à un propriétaire. Il lui a cependant refusé le permis au motif que le terrain n’était pas dans un espace urbanisé et, la commune étant soumise à la loi littoral, il était inconstructible. Le propriétaire introduit une action en responsabilité contre la commune lui réclamant plus de 150 000 € qui correspondent à la différence de la valeur entre un terrain à bâtir - prix auquel le propriétaire a acheté le terrain - et un terrain agricole. Le juge a confirmé que le terrain n’était pas constructible. Le maire a commis une faute engageant la responsabilité de la commune en délivrant un certificat illégal. La cour confirme une règle classique : toute illégalité constitue une faute de service. Par ailleurs, aucune faute d’imprudence atténuant la responsabilité de la commune ne peut être reprochée à la victime. Celle-ci avait pris soin d’insérer dans la promesse de vente des parcelles concernées, une condition suspensive tenant à la délivrance du certificat d'urbanisme, autorisant la construction de trois maisons, dont la délivrance constitue le fait générateur de la responsabilité de la commune. La cour administrative accorde 145 000 € d’indemnité à la victime (CAA Nantes 22/03/2022, n° 20NT02749).
Michel Degoffe le 30 juin 2022 - n°436 de Urbanisme Pratique