Le maire de Baden (Morbihan) a délivré un certificat d’urbanisme indiquant qu’une construction était possible. Muni de cette garantie, le pétitionnaire a acheté le terrain mais lorsqu’il a demandé le permis dans les dix-huit mois, le maire le lui a refusé au motif que le projet était contraire à la loi littoral. Le pétitionnaire introduit donc une action en responsabilité contre la commune en lui réclamant 386 000 euros pour les renseignements erronés qui l’ont conduit à acheter au prix du terrain à bâtir un terrain inconstructible. La cour administrative rappelle que l’illégalité d’une décision administrative est constitutive d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’administration à l’égard de son destinataire s’il a subi un préjudice direct et certain. Le maire a bien commis une faute. Le certificat d’urbanisme positif, délivré le 23 mai 2000, indiquait que la parcelle était constructible, classée en secteur UBa au plan d’occupation des sols modifié en 1987, alors que dans cette commune soumise à la loi littoral, « l’extension de l’urbanisation doit se réaliser soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l’environnement. (...) » (art. L. 121-8, code de l’urbanisme). Le terrain entouré de quelques constructions éparses ne pouvait pas être qualifié d’espace urbanisé.
La cour administrative accorde 49 000 euros de dommages et intérêts correspondant à la différence entre le prix d’acquisition du terrain au prix du terrain à bâtir et sa valeur réelle dès lors qu’il n’est pas constructible (CAA Nantes 23/04/2024, n° 2NT00745).
Michel Degoffe le 26 septembre 2024 - n°484 de Urbanisme Pratique