Les communes récupèreront-elles la liberté de choisir de transférer (ou pas) la compétence eau et assainissement ? Abonnés
De leur côté, l’État et les agences de l’eau plaident pour le transfert, arguant que l’eau devient un bien rare et qu’il n’est donc plus possible d’accepter que 20 % de l’eau collectée (derniers chiffres des agences de l’eau) soit perdue en raison de fuites liées à la vétusté des réseaux. À cet argument, les maires répondent que les communautés de communes n’auront pas plus de moyens financiers que les syndicats. Les sénateurs ont été réceptifs à cette opposition et ont voté une proposition qui souhaite rendre aux communes la liberté de transférer ou pas. Ce choix est en accord avec les propos du président de la République. Présentant le Plan eau sur les rives du lac de Serre-Ponçon dans les Hautes-Alpes le 30 mars 2023, il préconisait la mise en place « d’un modèle pluriel différencié qui repose sur l’intelligence des élus de terrain et de la diversité du territoire ». Quand on parle de collectivités territoriales, il est toujours question de différenciation qui viserait à leur permettre d’adopter des règles différentes selon les nécessités du terrain, ainsi perçue, elle est impossible sans une révision de la Constitution. En revanche, laisser le choix aux communes de transférer ou pas la compétence eau ne nécessite pas une modification de la Constitution. On saura bientôt si la nouvelle Assemblée est prête à voter la proposition, déjà adoptée par le Sénat et déposée sur le bureau de son président le 24 juillet.
Michel Degoffe le 26 septembre 2024 - n°484 de Urbanisme Pratique
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