Le maire de Chauvé (Loire Atlantique) s'est opposé à une déclaration de travaux déposée par un propriétaire qui voulait modifier la toiture d'un hangar. Le bâtiment est identifié dans le plan local d'urbanisme (PLU) comme un bâtiment agricole d'intérêt architectural ou patrimonial soumis à des prescriptions particulières en vue de sa préservation. Auparavant, l’agriculteur avait remplacé, sans autorisation, la toiture en ardoises naturelles par une couverture en bac acier. Le maire avait fait établir un procès-verbal d'infraction et une invitation à régulariser ces travaux. Cela a conduit l'intéressé à déposer une déclaration préalable de travaux portant sur des travaux de remplacement de la couverture du hangar en bac acier par une toiture en ardoises synthétiques. Le maire s’est opposé à cette déclaration considérant que le choix de recourir à des ardoises en fibrociment portait atteinte au caractère et aux caractéristiques architecturales originelles du bâtiment répertorié par le PLU pour son intérêt patrimonial. La cour administrative estime que le maire a eu tort : il résulte de la combinaison de l'ensemble des dispositions du règlement du PLU qu’elles ont pour objet de préserver les caractéristiques architecturales originelles de certaines constructions constitutives du patrimoine chauvéen en imposant le respect des forme, tonalité et aspect du matériau d'origine. Mais elles ne font pas obstacle à l'utilisation de matériaux d'imitation. Par conséquent, le maire ne pouvait pas s’opposer à la réfection de la toiture du hangar au moyen d'ardoises artificielles en fibrociment. (CAA Nantes 10/06/2022, n° 21NT02643).
Michel Degoffe le 12 janvier 2023 - n°446 de Urbanisme Pratique
Source : la documentation juridique en ligne de Urbanisme Pratique n°197 du 01 juin 2023