Le maire de Bartenheim (collectivité européenne d’Alsace) ne s'est pas opposé à la déclaration préalable concernant la construction d'une piscine enterrée. Un voisin attaque cette non-opposition. Il soutient que le pétitionnaire aurait dû englober, dans sa demande, des travaux réalisés dans le passé sans autorisation. Il est vrai que celui qui demande une autorisation d’urbanisme doit englober les travaux réalisés irrégulièrement dans le passé. Mais, l’article L. 421-9 du code de l’urbanisme institue une prescription de dix ans : " lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme ". Toutefois, cette prescription ne s’applique pas notamment quand les travaux ont été réalisés sans permis. En revanche, les travaux réalisés sans qu’une déclaration ait été déposée alors qu’elle était requise bénéficient de cette prescription. Le pétitionnaire construit sa piscine à un endroit où il a réalisé un remblai sans autorisation en 2000 ; ces travaux n’étant pas soumis à permis en 2000, ils n’ont pas été réalisés irrégulièrement. Le pétitionnaire n’avait donc pas de raison de les englober dans sa demande à fin de régularisation (CAA Nancy 29/09/2022, n° 20NC00347).
Michel Degoffe le 12 janvier 2023 - n°446 de Urbanisme Pratique
Source : la documentation juridique en ligne de Urbanisme Pratique n°197 du 01 juin 2023